Go To Stelvio! À l'assaut des virages du Stelvio avec le Porsche Macan GTS

De tous les SUV routiers compacts, c’est lui le modèle supersportif par excellence. Le Porsche Macan GTS allie des qualités à haute teneur en adrénaline et une insatiable soif de virages. Pour l’auteur Jan Karl Baedeker, l’appel caché dans son nom était donc une évidence : Go To Stelvio !

Au « Passo dello Stelvio », le bon grain se sépare de l’ivraie. Chaque fois qu’une nouvelle voiture de sport sort sur le marché en promettant encore plus d’agilité, de dynamique et de force de sprint, je me demande comment elle s’en sortirait au col du Stelvio. Avec ses 48 virages vertigineux et un dénivelé de près de 1 900 mètres sur la seule rampe nord, le « Stelvio », au Tyrol du Sud, est le plus récalcitrant des cols alpins. On ne rencontre nulle part une succession de lacets aussi spectaculaire. Ces mythiques virages ont déjà été domptés par Hans Stuck, au volant d’une Grand Prix à toit ouvert, et dans le Giro d’Italia par la volonté de fer du cycliste Fausto Coppi. Ce col du Stelvio n’est pas fait pour les esthètes de la conduite, il exige d’être dompté. Quand une voiture y dégage vraiment des endorphines et ne vous force pas à prendre les virages au ralenti comme un retraité hollandais au volant de son camping-car, alors elle mérite vraiment son appellation de voiture de sport.

Il y a quelques années, avec le photographe munichois Stefan Bogner, j’ai passé une semaine sur le Stelvio à faire des recherches et des photos pour « Porsche Drive — Stelvio », le livre que nous préparions alors, et c’est sa Porsche 911 GTS de la génération 991 qui nous a servi de voiture de production. Nous n’avons cessé de prendre ces virages serrés et ces lacets, à l’aube comme dans l’obscurité la plus totale, sous la pluie et dans le brouillard, souvent une douzaine de fois par jour, toujours à l’affût de l’instant de montagne idéal. Pendant ce test suprême de résistance que nous avons infligé au moteur, aux freins, aux pneus, à la transmission et à la suspension, rien ne nous a paru devoir être modifié sur cette 911 — tout était parfaitement réglé. Avec la Porsche 911 GTS, le Stelvio avait trouvé un adversaire à sa hauteur. Quand Porsche a dévoilé un Macan à l’épithète évocatrice « GTS », j’ai tout de suite su quelle serait ma prochaine destination : peu après la frontière suisse, sur la mythique route alpine qui relie Prad dans le Val Venosta à Bormio dans la Valteline, le nouveau SUV de Zuffenhausen a dû à son tour faire ses preuves.

Comment une voiture familiale des plus pratiques peut-elle être à ce point excitante ?

Ce qui rend le Porsche Macan si séduisant, c’est sa fonctionnalité au quotidien : le week-end venu, plus besoin de choisir entre excursion en famille et sport alpin sur route, car avec ce SUV compact, les deux sont possibles ! On ne s’étonnera donc pas que le Macan soit en tête des ventes en Suisse, nation alpine par excellence. Avec son six cylindres de trois litres développant 444 ch, sa flyline dynamique, son nouvel avant à l’aileron prononcé, ses déflecteurs latéraux profilés et sa spectaculaire poupe à quatre sorties d’échappement, le nouveau Macan GTS se rapproche encore un peu plus des modèles Porsche de compétition conçus à Weissach. À ceci près qu’il a cinq portes, cinq sièges, et assez d’espace pour les vacances en famille. 

Mais loin de moi l’idée de me lancer dans ce test de résistance sur le Stelvio avec ma progéniture installée à l’arrière. C’est donc ainsi qu’un lundi matin d’octobre, sous un ciel bleu azur, je m’engage seul dans les premiers virages tout en douceur de cette célèbre route. Sur la montagne, à part moi, il n’y a que quelques briscards locaux avec leur vélo de course — il faut dire que ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale. Je baisse les vitres, l’air glacial de la montagne s’engouffre dans le cockpit, la forêt fait écho au son du six cylindres, le sommet de l’Ortler, d’une blancheur éclatante, brille entre les cimes des mélèzes. La poussée de la Porsche est aussi magistrale qu’agile, on se croirait presque au volant d’une 911. Passé Trafoi, voici les premiers virages sérieux. Si les roues de course de 21 pouces et l’empattement de 2,8 mètres sont idéaux pour les longs trajets, le Macan GTS se pilote aussi avec une précision étonnante sur les routes en lacets serrés. Le volant sport GT offre une bonne prise en main et les palettes de changement de vitesse invitent véritablement à jouer avec le véhicule. Comment une voiture familiale des plus pratiques peut-elle être à ce point excitante ?

Au-delà de la limite des arbres, c’est figure libre : épousant la pente raide, la route serpente en 21 virages en épingle à cheveux, encore 570 mètres à grimper jusqu’au sommet, un abîme effrayant s’ouvre sur la gauche, derrière des murs plats en pierre naturelle. Un coup d’accélérateur involontaire et… mieux vaut ne pas y penser ! Mais la puissance du Macan GTS se dose avec une finesse infaillible, la suspension pneumatique sport amortit avec une précision toute nonchalante les irrégularités de la route éprouvée par le vent et les intempéries, la transmission intégrale joue habilement avec la distribution de la force motrice — accélérateur, freins et volant se transforment ici en instruments rythmiques. En proie à une euphorie croissante, je suis le rythme de la route, et me voici soudain au sommet du col, à 2 757 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une seule chose à faire : sortir de la voiture et admirer cette vue panoramique à couper le souffle. J’échange quelques mots avec Richard Ritsch, qui depuis plus de 50 ans vend ici ses mythiques saucisses à la choucroute — et qui depuis peu investit ses bénéfices dans le bitcoin. Le temps ne s’arrête jamais, même au Stelvio.

Le soir venu, le crépuscule s’étend sur le Vinschgau, les sommets du massif de l’Ortler resplendissent dans les dernières lueurs du couchant, la bande rouge lumineuse du Macan s’accorde, au fond de la vallée, au rutilement des cimes, l’air chaud vibre au-dessus du capot. Cette Porsche a elle aussi maîtrisé le col du Stelvio avec brio, la GTS a définitivement conquis ses galons. Moralité, au lieu de laisser cette sportive polyvalente dormir dans son garage, on devrait répondre à l’appel caché dans le nom du modèle, et escalader au moins une fois les fabuleux lacets du Stelvio.

Weitere Artikel

Consommation et émissions

Macan GTS

WLTP*
  • 11,7 – 11,3 l/100 km
  • 265 – 255 g/km

Macan GTS

Consommation de combustible / Émissions
consommation de carburant en cycle mixte (WLTP) 11,7 – 11,3 l/100 km
émissions de CO₂ en cycle mixte (WLTP) 265 – 255 g/km
Classe d'efficacité: G