Maxime Oudoux est photographe de paysages nocturnes, art du paradoxe à travers lequel le ciel et la terre révèlent leurs couleurs éclatantes au cœur de la nuit. Quand ce n’est pas le Taycan qui prend la pose…

Mercredi 10 février 2021, 20h30. Sur une route vicinale qui serpente au fin fond de la campagne tourangelle, les phares d’un Taycan déchirent la nuit. Ce matin-là, la France s’est réveillée sous un épais manteau neigeux. Un épisode de froid polaire exceptionnel qui, après avoir dessiné un paysage de chantilly, a nettoyé le ciel. Des conditions météo idéales. Sans un bruit, le Taycan s’immobilise, rendant à la nuit son mystère. Maxime Oudoux descend. Dans un froid glacial qui engourdit les gestes, il installe son matériel avec la précision d’un géomètre. Pourtant, ce n’est pas seulement la terre qui l’intéresse mais aussi le ciel. Maxime est astrophotographe, il réalise des paysages nocturnes émaillés de constellations, nébuleuses et galaxies. Il est aussi passionné d’automobile. Ce soir, il a organisé un rendez-vous entre le Taycan et les étoiles.

Cela fait des années que Maxime réalise des photos de paysages nocturnes et de voitures, mais les deux ensemble, c’est une première. C’est aussi un défi technique. Le Taycan prend la pose et l’astrophotographe shoote ses premières images. Le cadre est composé comme un tableau : la sportive, un arbre et la nuit. « Je cherche à créer un échange, une communion entre le paysage terrestre et le paysage céleste. Il faut trouverun dialogue de forme, de composition, de taille, de perspectives entre les lignes de la voiture, la matière du sol, la nature qui nous entoure et le ciel. Ce soir, c’est la constellation d’Orion que l’on va capturer au-dessus du Taycan ». Présente dans le cadre de la photo mais invisible sans télescope, la planète Neptune aussi se cache dans l’immensité galactique, comme un clin d’oeil à la robe Bleu Neptune qui habille la sportive de Stuttgart.

Contrairement à l’astrophotographie de ciel profond, Maxime n’utilise pas de télescope mais un boîtier numérique défiltré. Une modification qui permet de laisser passer plus de longueurs d’ondes, en particulier autour des infrarouges. Pas de flash pour rééclairer, tout se joue sur les temps de pose. « Il y a très peu de pollution lumineuse ici, c’est seulement grâce à la lumière des étoiles que l’on va voir le Taycan », explique Maxime. La patience est le maître mot de cet art qui transporte dans un autre univers. « Dans l’obscurité, on se sent enveloppé dans une sorte de douceur. C’est un moment très contemplatif, de communion avec la nature, qui amène à des questions et des réflexions que l’on n’a pas l’occasion d’avoir dans notre quotidien. En plus de son intérêt esthétique, je trouve que le Taycan, par son mode de propulsion 100 % électrique, est cohérent avec cette démarche ». De temps en temps, Maxime vérifie l’écran de son boîtier, effectue un réglage. On entend le déclencheur puis le silence retrouve son épaisseur.

La nuit avance. Les quelques voitures qui passaient au loin dans un sifflement monotone ont disparu. Dans la danse de son halo rouge, la lampe frontale de Maxime matérialise une large boîte qu’il vient de sortir du coffre du Taycan. Elle contient le matériel pour capturer le ciel. Le photographe qui œuvrait jusqu’alors laisse sa place à l’astrophotographe. Sur le trépied, Maxime installe un étonnant bras métallique, articulé et motorisé, sur lequel il pose son boîtier. « C’est une monture équatoriale qui sert à compenser la rotation de la Terre pendant la prise de vues. Je vais faire vingt-cinq photos avec des pauses d’une minute, il faut donc que l’objectif reste toujours parfaitement pointé sur le même endroit de la voûte céleste ». Après l’agitation de la mise en place du matériel, tout replonge dans l’immobilité, figé par la nuit, figé par le froid.

1h30 du matin, le shooting touche à sa fin. Il est temps, la température glaciale ( -5°C) a fini par avoir raison de l’enthousiasme du début de la nuit. Matériel rangé dans le coffre, Maxime reprend le volant du Taycan 4S. « C’est la deuxième Porsche que je conduis de ma vie après la 944 d’un ami. J’ai toujours eu un rapport particulier avec la marque. Je suis plutôt voitures italiennes, mais j’ai un profond respect pour Porsche. Je trouve qu’il y a une approche scientifique de la sportive tout en réussissant à préserver l’émotion. C’est un très bel équilibre entre le design, les performances et les sensations. » La route est déserte, le sol partiellement gelé et pourtant, à la moindre pression sur l’accélérateur, les quatre roues motrices mordent le bitume et les 530 ch propulsent le Taycan au bout de la nuit, ne laissant bientôt plus deviner que l’élégant trait de LED rouge qui signe sa poupe.

Pour que les gigas de données enregistrés sur la carte mémoire deviennent la photo qui illustre ce numéro de Christophorus, la route est encore longue. « Il faut prévoir une quinzaine d’heures de post-production pour faire baisser le bruit et le grain, faire ressortir les détails dans le ciel et obtenir le résultat que je recherche. Mais je m’astreins à retoucher le moins possible l’image pour garder une part d’authenticité dans la démarche. » Une approche qui, aux yeux de Maxime, présente des similitudes avec celle de Porsche. « Dans l’astrophotographie, il faut une grande rigueur, de la méthode, ne pas s’arrêter à des échecs et toujours explorer de nouvelles voies. J’imagine que c’est pareil chez Porsche. Tout ça en ne perdant pas à l’esprit qu’il faut créer et que le résultat doit déclencher une émotion ». La boucle est bouclée pour Maxime qui rêve d’étoiles depuis toujours et en avait de nouvelles dans les yeux au volant du Taycan. ●

Info

Texte: Mathieu Chevalier
Photos: Maxime Oudoux / Clément Choulot

Retrouvez l'article sur le site Christophorus : https://christophorus.porsche.com/fr.
Retrouvez l'ensemble du travail de Maxime Oudoux sur son site : https://maximeoudouxphotographie.fr.

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